Sarayaku rejette fermement les accusations de séquestration de 11 militaires formulées par le président Rafael Correa

Le 19 décembre dernier, le Peuple de Sarayaku a surpris 11 militaires en uniforme traversant son territoire en pirogue. Vu le contexte de tension extrême dans la province voisine de Morona Santiago, où le Peuple Shuar résiste contre l’implantation d’une compagnie minière chinoise, les membres de Sarayaku ont invité les militaires à expliquer leur présence, et sont depuis lors accusés de séquestration et de violations de l’Etat de droit.

Du 16 au 18 décembre 2016, durant trois jours entiers d’Assemblée générale, les dirigeants, les techniciens et les responsables des différents secteurs et projets développés à Sarayaku ont exposé leur travail à l’évaluation de la population. De cette Assemblée est également issue une déclaration de solidarité avec le Peuple Shuar de la région de Morona Santiago en lutte contre un projet d’exploitation du cuivre.

Depuis plusieurs mois, le conflit entre le peuple de Shuar de Nankints, la compagnie minière chinoise EXSA et les autorités gouvernementales n’a cessé de s’intensifier suite à l’expulsion d’habitants de ces terres pour l’exploitation minière et l’absence de tout dialogue ou médiation. Le 15 décembre dernier, les altercations entre la population locale et la police ont abouti à la mort d’un policier suite à quoi la répression s’est encore renforcée: un millier de militaires a été envoyé sur place et l’état d’exception a été déclaré. On dénombre quotidiennement de nombreux blessés et de nombreuses arrestations.

Dans ce contexte, le peuple de Sarayaku s’est inquiété de la présence d’une patrouille militaire sur son territoire dans la soirée du 19 décembre. Le 20 décembre, le Gouverneur de la Province de Pastaza et le colonel responsable hiérarchique des soldats présents à Sarayaku se sont rendus sur place, afin de dialoguer avec les dirigeants de Sarayaku, et ont rapidement abouti à une résolution pacifique de la situation. Un accord a été signé afin qu’à l’avenir Sarayaku soit prévenu à l’avance de ce type de déplacement et que les soldats voulant traverser leur territoire en pirogue sollicitent une autorisation préalable, comme le prévoit l’article 30 de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples autochtones, ratifiée par l’Etat équatorien.

Le Gouverneur et le colonel ont également reconnu que les 11 soldats avaient été bien traités durant leur séjour qui a duré moins de 24 heures. Un hélicoptère de l’armée a été appelé pour les amener à leur destination finale, leur évitant le risque d’être à nouveau stoppés par la communauté voisine dont ils auraient également dû traverser le territoire.

Quelques heures plus tard, le Président de la République, Rafael Correa rejetait la validité de cet accord et démettait immédiatement de ses fonctions le Gouverneur provincial, membre de son parti.

Il accuse également le peuple de Sarayaku de séquestration et d’association subversive paramilitaire voulant créer un Etat dans l’Etat.

Ce 22 décembre, lors d’une conférence de presse organisée dans ses locaux de la ville de Puyo, Sarayaku a vivement rejeté ces accusations et rappelé que l’Etat équatorien avait déjà été condamné par la CIDH en 2012 pour ne pas avoir respecté les droits du Peuple de Sarayaku en organisant des incursions militaires sur son territoire sans l’avoir consulté au préalable.

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